Cruelles sornettes

> Cirque et Faussetés magiques – acrobatie, jonglerie, magie et théâtre physique

  • Public : tout public à partir de 6 ans
  • Spectacle de rue, adaptable en salle
  • Durée : 0h50

Avec Yoanelle Stratman, Olivier Abalam et Domingos Lecomte
Aide technique jonglerie et manipulation d’objets : Thierry André
Aide à la mise en scène et à la recherche de personnages : Florence Bisiaux
Création de costumes : Emmanuelle Geoffroy
Création de la bande-son : Doudou Logan et Ian Goltrant (Collectif Bigorneaux Caramel)


affiche cruelles sornettes basse déf

Ça se passe au-dehors. Plus rarement à l’intérieur…
Dans la rue devenue scène, soudain lugubre et vivifiante à la fois, débarquent 3 zigs aux défroques et au teint dépassé. Leurs accoutrements, leurs attitudes ne les relient pas clairement à une époque, et sûrement pas à la nôtre ! Ce contexte non identifié leur confère une dimension oblique et universelle.

Avec eux, 3 caisses improbables, boiteuses. Leur arrivée est ponctuée de découvertes insignifiantes qui deviennent extraordinaires: des fragments de journaux présents sont reconstitués, les canettes vides des poubelles sont de nouveau pleines, le trottoir devient terrain de jeux acrobatiques… L’environnement est pris à bras le corps par le trio improbable. Ils ont leurs tics, leurs rituels, leurs habitudes aussi écœurantes et effrayantes qu’emplies de tendresse. Tout s’assemble dans une excentricité candide et exaltée. L’ensemble offre un spectacle qui fait semblant de faire peur, de faire mal, de la véritable méchanceté factice. Incarnation des terreurs infantiles et travers des grandes personnes : monstres cachés et croquemitaines, violences gratuites, mesquineries.

Mais tout est pour de faux, car ils ne pensent pas à mal, ces damnés qui courent après un « on ne sait quoi » qui leur file entre les doigts. Si je te coupe le bras, c’est juste pour jouer, pour m’occuper les mains qui me grattent. Je te le rends après.

photos cruelles sornettes Gael 08.09 335Ici ça mord, ça crache,  on se mouche dans les manches, on s’enferme dans des caisses, on disparaît, on fouille les poubelles pour jouer, jongler ou transformer journaux, canettes, couteaux… De ce capharnaüm on rit jaune, on s’amuse, on tutoie la poésie d’un objet qui vole seul, qui vit sa vie sans ne rien demander à personne. Tout comme leurs propriétaires qui semblent ignorer le mot « compromis ». C’est le cri de la vie et du chaos, qui sort du corps et des exploits de cirque plutôt que la gorge.

Traitée dans des teintes sombres et violacées, cette histoire sans narration ni parole ne raconte pas leur vie, mais des instants, des images, des rappels. Elle propose un univers fantasmagorique et glauque à souhait qui n’épargne personne. Ni les protagonistes, donc, ni les spectateurs pris à parti et tenus en haleine par les surprises magiques et le rythme, tétanisés par la « gentillesse » de ces irresponsables forcenés.

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